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Contexte
Le cours “Zigzaganimal” a pris forme il y a maintenant cinq années. Initié en septembre 2010, le cours a progressivement évolué. Au départ stage toutes options, il cohabite depuis 2011 avec le cours d’atelier des étudiants de Bac 1 inscrits en typographie.
Le stage étant accessible à l’ensemble des pôles et années, il rend possible la friction de plusieurs approches et niveaux d’expériences. Et, c’est précisément cette granularité qui lui permet de faire sortir la typographie de son périmètre technique et “sacré”.
Le bilan de ces cinq premières années, me donne un premier pas de recul et me permet de constater combien cette expérience de l’enseignement continue de nourrir un espace de recherche vif et complémentaire à ma pratique professionnelle de typographe et graphiste.
En renouvellement chaque année, les projets que je mène avec les étudiants trouvent un écho dans mon travail. Dans l’autre sens, ma pratique professionnelle ouvre de nouvelles pistes de recherche avec les élèves.
Dans ce va et vient, l’énergie investie dans le cadre des cours construit petit à petit un ensemble de traces et un corpus de plus en plus riche, à redéployer sans cesse.
Depuis maintenant deux années le cours est aussi mieux connecté aux cours de Bachelor 2 et 3. En effet, Marie-Christophe Lambert et moi-même partageons maintenant vingt heures en collaboration avec un intervenant extérieur — Sebastien Sanfilippo en 2014, Peter de Roy en 2015 et Marie Lécrivain cette année.
Au delà de rassembler nos approches autour d’un projet commun, cette occasion est aussi un moment important pour développer ensemble une vison de l’option.

Méthodologie
1 Une approche transversale
2 Une histoire en zigzags
3 La typographie comme objet culturel
4 L’édition digitale
5 La pratique collective
6 En lien avec les autres ateliers

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En approchant la typographie via d’autres domaines, le cours tend à multiplier et ouvrir les points de vue sur la matière typographique.
Pistant l’héritage de l’histoire de l’imprimerie et les techniques de lettrages artisanaux ou industriels dans notre quotidien contemporain, il vise à sortir la typographie des préjugés techniques et élitistes qui l’encombrent souvent pour la rendre accessible voir jubilatoire. Dans cette optique, les projets s’intéressent entre autres à des supports aussi variés que plans d’architectures, partions de musique, signalétique, sous-titres de films, peinture, photographie. Ils amènent l’œil vers une pratique tout terrain, pistant la lettre en contexte et au delà de ses surfaces traditionnelles.

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Pour se forger une culture typographique et relier entre eux les caractères des mouvements historiques aux moyens de productions qui les ont vu naître, les étudiants sont encouragés à collectionner tout autant les magazines populaires, journaux, catalogues variés, livres de poche, BD, manuels, profitant du terreaux des trésors de seconde main accessibles à Bruxelles.
Cet itinéraire a aussi pour but de désillusionner les étudiants autour de la question même de création, mettant en lumière les relations et influences entre design et technique, entre original et copie, célébrant l’influence, le “ready-made” et le partage des sources.
Tangente à la construction de cet ensemble de références particulières, l’actualité typographique contemporaine est observée en discussions groupées autour d’un agenda régulier des événements et publications récentes, suscitant curiosité et approche critique.
En parallèle les étudiants sont aussi invités à rassembler le maximum d’outils liés à la typographie, à explorer de nouvelles manières de dessiner en créant leurs propres outils et à modifier des outils existants pour comprendre leur influence sur la pratique autant que celle de la pratique sur les outils.

3
De la courbe de Bézier aux multiples outils numériques actuels d’édition et de programmation de fontes (FontLab, Fontographer, Metapolator, Prototypo, etc), le cours amène les étudiants à investiguer en équipe sur les formats mais aussi sur la question des standards.
Afin de mieux comprendre les connexions entre typographie, langage, culture et politique, la visite d’Unicode se présente comme l’un des points clés du cours permettant de prendre conscience de la typographie comme un objet profondément culturel.

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Stimulé par les problématiques de mise en page digitale, le cours initie tant que possible les étudiants aux principes de “layout” écran.
Un même contenu éditorial est aujourd’hui souvent publié dans plusieurs formats: papier, PDF, ePub ou HTML.
Par ses contraintes de tailles d’écrans la mise en page web se doit d’être adaptative, comme consciente de l’environnement dans lequel elle s’installe. De ce point de vue elle s’oppose au design imprimé où la plupart des interfaces traditionnelles s’accrochent encore aux blocs de composition de Gutenberg. La notion de “template” est remise en question. À quels paramètres peut s’accrocher le metteur en page papier sur le web et avec quelle part de lâcher prise ? Jusqu’où peut-on ajuster les réglages typographiques a partir d’un langage balisé ?
C’est avec ces questionnements que le cours approche la mise en forme du texte.

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Dans la pratique, le cours se définit par des exercices précis, jouant des contraintes (temporelles, matérielles) visant à favoriser des solutions créatives.
Alternants exercices courts, réalisés sur les heures de l’atelier et projets plus longs – sur 4 à 6 semaines. Il met en œuvre tant que possible l’énergie de groupe.
En fonction des projets, les travaux peuvent se faire à plusieurs ou individuellement, mais les rendus sont toujours suivis d’une mise en commun afin que les étudiants puissent échanger et commenter leurs travaux.
Les projets, sont introduits par des exposés et discussions ponctuels qui permettent de contextualiser les problématiques, d’échanger avec les étudiants sur les références liées aux sujets.

6
Enfin, ce dernier point repose sur la capacité de ce cours à s’inscrire dans la dynamique de l’école. Il s’agit de créer des liens directs avec les contenus pédagogiques du pôle Média, et des autres pôles.
En 2012 et 2013 deux ateliers croisés en collaboration avec Eric Angenot, Antoine Boute ont permis des rencontres entre peinture, écriture et typographie.
Chaque année, l’exposition Livres parlés organisée avec Marie-Christophe Lambert, permet de rencontrer et d’inviter la parole d’enseignants de l’erg et d’invités extérieurs autour d’une sélection de livres issus de l’exposition conjointe des plus beaux livres suisses et des livres du Prix Fernand Baudin.

Pour résumer, le cours n’entend pas uniquement former des lettreurs ou metteurs en page mais vise à construire les bases d’une culture typographique multiple, au croisement de différentes pratiques créatives.

Constituantes du cours
Le cours se compose de 2 territoires. En A l’énergie se concentre sur le signe, par le squelette et le contour. On explore la lettre et ses composantes, du geste au tracé, de l’encre au vecteur.
Le cours B s’étend au blanc de la page, questionne le format et développe un ensemble de réflexes propres à la mise en page de plus grands volumes de texte.

A
— se constituer et expérimenter une large gamme d’outils de lettrage
— mener un carnet de relevés typographique comme un espace d’expérimentation et d’appropriation
— apprendre à distinguer, contextualiser et manipuler des caractères typographiques
— découvrir et comprendre les différents standards et formats analogiques et digitaux
— s’initier à l’édition de fontes
— savoir ajuster les différentes échelles de la lettre autant sur ses surfaces digitales que papier

Quelques projets récursifs :
– Handwriting dialects : Analyse et appropriation des
modèles d’écriture enseignés en Europe
– Atelier Club lettreurs : Initiation à la pratique
de peintre en lettres avec Kevin Cocquio
– Lettres pochés : Développement d’une collection de fontes digitales stencils sur base de typographies publiées en
licence libre http://zigzaganimal.be/foundry/
– Dark strokes : calligraphie digitale et stroke fonts

B
— développer une œil et une sensibilité culturelle au choix typographique
— acquérir une souplesse dans le traitement du texte: hiérarchisation, sémantiques du contenu, traitement de texte (rechercher/remplacer de styles et de motifs de texte)
— exploration des canons de mise en page, formats, grilles, mesures, unités, magnétisme (layout fixe, layout fluide)
— apprendre à développer une identité typographique, appréhender la question de la série, de la collection
— acquérir des bases et une curiosité pour les procédés de reproduction, d’impression et d’assemblages traditionnels et contemporains
— avoir un rapport plus intime avec les outils numériques notamment par le biais des logiciels libres.

Entre autres projets récents :
– Le catalogue des limites : Travail de recherche et d’édition autour de la question des formats
– Le détour typographique : Publication d’un parcours de typographie vernaculaire à Bruxelles
– Hack administratif : Proposition d’un kit de mise en page pour la communication interne de l’école (utilisant les outils de mise en page bureautique standard)
– Nouvelles et formes brèves : collaboration avec Célia Houdart et l’atelier d’écriture du DU écriture créative et métiers de la rédaction de l’Université de Cergy (FR). Mise en forme collective d’un recueil de 21 nouvelles, publié sur la plateforme d’impression à la demande Lulu.com
– Une : adaptation d’une Une papier à partir de la home d’un journal / magazine en ligne.

Modes et critères d’évaluation
Pour chacun des 2 modules, une série d’exercices cours (réalisés dans le temps du cours) et plus longs (sur 3 à 6 semaines) sont notés régulièrement. Les résultats sont communiqués aux étudiants qui sont libres ensuite de retravailler les projets (en parallèle et sur le temps personnel). En fin de quadrimestre, un jury interne avec un invité extérieur permet aux étudiants de présenter l’ensemble des projets afin d’avoir une vue global et un point de vue nouveau, apportant le recul nécessaire à l’appréciation de leur évolution, points forts ou lacunes. La note de cette présentation compte double.

Invités
Eric Angenot, Kevin Cocquio, Célia Houdart, Gijs de Heij, Charles Mazé, Sébastien Sanfilippo, Joël Vermot, Stéphanie Vilayphiou.

Quelques ouvrages et textes de références
– La typographie au tableau noir, Fernand Baudin, Retz, 1991
– Une brève histoire des lignes, Tim Ingold, Zones sensibles, 2011
– Le trait, Gerrit Nordzij, Ypsilon, 2010
– Type Spaces, Peter Burnhill, Hyphen Press, 2003
– Typography papers serie
– Architecture et Typographie, Éditions B42, 2011
– Le détail en typographie, Jost Hochuli, B42, 2010
– Livre et typographie, Jan Tschichold, Allia, 1999
– Le geste d’écrire, Vilém Flusser
– Unjustified Texts: Perspectives on Typography, Robin Kinross, Hyphen Press, 2002
– Unicode et typographie : un amour impossible, Yannis Haralambous, 2002

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